Synopsis

Souleymane, un petit garçon de 9 ans, vit au sein d’une famille éclatée, échouée dans les faubourgs de Dakar. Philosophe, parfois poète ou simple footballeur, Souleymane veut grandir dans un environnement où les hommes, mais aussi les éléments, sont hors de contrôle. Son rêve est de porter un jour les couleurs du Milan, où son père a émigré.

Le film s’ouvre sur un jour sans soleil, un jour où le ciel orageux peut craquer à tout instant. Souleymane, énervé par la tournure prise par une partie de foot, tire si fort dans son ballon que la toiture de la maison familiale ne parvient pas à stopper son tir. Elle cède et assaisonne le plat de Thiébou Diène que sa grand-mère Ma Rama vient juste de cuisiner. Le ballon termine sa course entre les jambes de Grand Pape, un voisin peu commode qui le confisque.C’est le début d’une véritable épopée pour Souleymane. Il doit absolument réparer cette toiture, avant que « les pluies n’emportent toute la famille». C’est une question de vie ou de mort qui cristallise les conflits au sein de la famille.

Souleymane doit faire face à Ma Rama qui réclame qu’on la lui répare. Et chaque jour, inlassablement, sa grand-mère vend ses beignets au marché central. Mais sa maigre recette suffit à peine à nourrir ses deux enfants, Ndongo et Adji, et son petit fils.
Ndongo est bien trop occupé à traîner avec ses copains. Désoeuvré, sans espoir, il est davantage intéressé par la religion et de lointains eldorados. La toiture est le cadet de ses soucis.
Adji, la mère de Souleymane, est une jeune femme libre, débridée et rebelle. Son fils est né hors mariage et Adji se sent abandonnée par le père de son enfant, émigré en Italie. Elle est peu à peu attirée par le voisin Jo, un artiste marginal dont le grand projet vise à unir tout le quartier dans son spectacle mêlant théâtre et danse.

Autour de Souleymane, la fièvre de l’hivernage se répand et les sens se dérèglent. Le compte à rebours est lancé alors que le quartier baigne en pleine campagne électorale.

Souleymane doit absolument trouver de l’argent, d’autant que tout le quartier lui attribue un don. Le jeune garçon est tour à tour sollicité pour parier sur les chevaux, enregistrer des slams ou… faire tomber la pluie. Profitant de cette position, il se met à jouer au PMU pour son propre compte. Mais tout ce qu’il entreprend provoque d’autres cataclysmes.

Rama entre alors dans un bras de fer avec la municipalité qui projette de doubler le montant de la taxe quotidienne du marché. Elle prend la tête du mouvement de protestation des femmes.
Jo construit son spectacle en récupérant la campagne électorale qui agite le quartier. Artiste inspiré et alcoolique notoire, il fait preuve d’une mythomanie exceptionnelle. Il parvient ainsi à transformer le marché en théâtre, à soudoyer les candidats aux élections et à réunir toutes les forces vives du quartier.
Adji voit en Jo une échappée, un vent de folie. Elle accepte de participer au spectacle et lui donne un sens politique.
Ndongo ne peut plus vivre avec les siens. La tentation de l’émigration est trop forte.

Tout le quartier entre progressivement en ébullition. Chacun court plus vite derrière ses rêves et ses fantasmes, que seule la pluie pourra soulager.
Souleymane encaisse et observe les événements du haut de ses 9 ans. Une seule chose lui semble certaine. Après ces pluies, il aura grandi d’une saison.